Validation des acquis de l’expérience (VAE)

Dernière mise à jour le 11 septembre 2026

En bref

La VAE permet de faire reconnaître les compétences acquises par l’expérience afin d’obtenir tout ou partie d’une certification professionnelle.

La Validation des acquis de l’expérience (VAE) permet à un salarié de faire reconnaître officiellement les compétences acquises au cours de son expérience afin d’obtenir tout ou partie d’une certification professionnelle.

Elle constitue une voie d’accès à la certification au même titre que la formation initiale, la formation continue ou l’alternance.

Que peut-on obtenir grâce à une VAE ?

La VAE peut permettre d’obtenir :

  • un diplôme ;
  • un titre professionnel ;
  • un certificat de qualification professionnelle ;
  • un ou plusieurs blocs de compétences.

La certification visée doit être inscrite au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) et être accessible par la voie de la VAE. Certaines certifications sont exclues du dispositif ou imposent des conditions particulières.

Quelle expérience peut être prise en compte ?

L’expérience doit avoir un rapport direct avec les compétences exigées par la certification visée.

Elle peut notamment avoir été acquise dans le cadre :

  • d’une activité professionnelle salariée ;
  • d’une activité indépendante ;
  • d’une activité bénévole ou associative ;
  • d’un mandat syndical ou électoral ;
  • d’une activité de volontariat ;
  • de responsabilités de proche aidant.

Aucune durée minimale générale d’expérience n’est exigée. Cependant, une expérience trop limitée ou ne couvrant qu’une faible partie du référentiel peut conduire à une validation partielle ou à une absence de validation.

Comment se déroule une VAE ?

1. Choisir la certification

La première étape consiste à identifier la certification qui correspond réellement aux compétences acquises. Il convient de consulter le portail officiel France VAE et la fiche RNCP de la certification.

Si la certification n’est pas proposée sur France VAE, le salarié doit s’adresser directement à l’organisme certificateur indiqué dans le RNCP.

2. Déposer sa candidature

Le candidat présente son expérience, son projet et la certification recherchée. Il peut déposer une demande par certification complète au cours d’une même année civile, dans la limite de trois demandes portant sur des certifications différentes au cours de cette même année.

3. Choisir ou non un accompagnement

Le candidat peut être accompagné par un Architecte Accompagnateur de Parcours (AAP). Cet accompagnement peut l’aider à :

  • vérifier que la certification choisie correspond à son expérience ;
  • construire le dossier de faisabilité ;
  • organiser et rédiger le dossier de validation ;
  • identifier d’éventuelles formations complémentaires ;
  • préparer l’entretien ou la mise en situation devant le jury ;
  • rechercher les financements possibles.

L’accompagnement est facultatif. Une VAE peut être réalisée en autonomie.

4. Obtenir la recevabilité

Le dossier de faisabilité présente le parcours du candidat et met en relation ses expériences avec le référentiel de la certification. Le certificateur rend ensuite une décision de recevabilité ou de non-recevabilité.

La recevabilité autorise la poursuite du parcours, mais elle ne garantit pas l’obtention de la certification.

5. Préparer le dossier de validation

Le candidat décrit et analyse les activités exercées, les situations professionnelles rencontrées, les responsabilités assumées ainsi que les compétences et connaissances mobilisées.

Il doit démontrer que ses acquis correspondent aux compétences attendues dans le référentiel de la certification. Cette étape demande généralement un travail personnel important.

6. Se présenter devant le jury

L’évaluation peut prendre la forme d’un entretien, d’une mise en situation professionnelle ou d’une combinaison des deux.

Le jury peut prononcer :

  • une validation totale : la certification est obtenue ;
  • une validation partielle : certains blocs de compétences sont obtenus et le jury précise ceux qui restent à acquérir ;
  • une non-validation.

La décision définitive est normalement transmise par le certificateur dans les 15 jours suivant le passage devant le jury.

Le congé VAE

Lorsqu’une partie du parcours se déroule pendant le temps de travail, le salarié peut demander un congé VAE pour préparer l’évaluation et/ou participer à la session d’évaluation.

Durée du congé

  • 48 heures maximum par session d’évaluation ;
  • possibilité d’une durée supérieure si une convention ou un accord collectif le prévoit ;
  • maintien de la rémunération pendant la durée du congé.

Comment effectuer la demande ?

La demande écrite doit être adressée à l’employeur au plus tard 30 jours avant le début des actions. Elle doit préciser :

  • la certification visée ;
  • les dates, la nature et la durée des actions ;
  • le nom du ministère ou de l’organisme certificateur.

Un document attestant de la recevabilité de la candidature doit être joint. La lettre recommandée n’est pas obligatoire, mais il est prudent d’utiliser un moyen permettant de conserver une preuve de la date de transmission.

Réponse de l’employeur

L’employeur dispose de 15 jours calendaires pour répondre par écrit. Il peut accepter la demande ou reporter l’absence pour raisons de service.

Le report ne peut pas dépasser un mois à compter de la demande. L’absence de réponse dans le délai de 15 jours calendaires vaut accord.

À la demande de l’employeur, le salarié doit ensuite fournir un justificatif de sa participation aux actions de VAE.

Peut-on demander plusieurs congés VAE ?

Une nouvelle autorisation d’absence ne peut normalement être demandée auprès du même employeur qu’après un délai d’un an. Cette règle concerne uniquement le congé et l’autorisation d’absence : elle n’interdit pas d’engager une nouvelle démarche de VAE.

Une exception est prévue lorsque le candidat a obtenu une validation partielle et doit participer à une évaluation complémentaire.

Comment financer une VAE ?

Le coût dépend de la certification, de l’organisme choisi, de l’accompagnement, des formations éventuellement nécessaires et des frais de jury.

Plusieurs financements peuvent être mobilisés :

  • le Compte personnel de formation (CPF) ;
  • l’employeur, notamment dans le cadre du plan de développement des compétences ;
  • l’OPCO ;
  • la Région ;
  • une association Transitions Pro, sous certaines conditions ;
  • un financement personnel.

France VAE ne finance pas directement les parcours.

Financement par le CPF

Le CPF peut notamment financer l’aide à la constitution du dossier de faisabilité, l’accompagnement à la rédaction du dossier de validation, la préparation au jury, certaines formations complémentaires et certains frais de jury lorsqu’ils figurent dans le devis de l’accompagnateur.

Le montant disponible dépend des droits inscrits sur le compte du salarié. Le plafond général du CPF ne constitue donc pas une somme automatiquement attribuée pour une VAE.

Une participation financière obligatoire peut s’appliquer. Certaines situations permettent d’en être exonéré, notamment lorsque l’employeur participe au financement.

Financement par l’employeur

L’employeur peut prendre en charge tout ou partie du parcours dans le cadre du plan de développement des compétences.

Avant de mobiliser son CPF, il peut être utile de vérifier auprès des Ressources humaines si l’entreprise finance la VAE, si un accompagnement est proposé et si l’OPCO peut participer au financement.

Financement par Transitions Pro

Depuis le 30 juillet 2026, les associations Transitions Pro peuvent prendre en charge certaines dépenses liées à une VAE sur la base d’un forfait de 2 000 €.

La prise en charge peut notamment concerner l’examen de la recevabilité, l’accompagnement personnalisé, certaines formations obligatoires ou complémentaires, les frais de session d’évaluation ainsi que les frais de transport, de repas ou d’hébergement.

Ce financement n’est pas automatique. Transitions Pro peut refuser une demande en fonction de ses priorités ou des financements disponibles.

Une VAE garantit-elle une promotion ou une augmentation ?

Non. L’obtention d’une certification par la VAE n’entraîne pas automatiquement un changement de poste, une promotion, une augmentation de salaire ou un changement de classification.

Ces conséquences dépendent du poste réellement occupé, des règles applicables dans l’entreprise et des éventuels engagements pris par l’employeur. Il est donc conseillé d’échanger avec son manager ou les Ressources humaines sur les perspectives professionnelles avant d’engager la démarche.

Avant de commencer

  1. vérifier que la certification est inscrite au RNCP et accessible par la VAE ;
  2. comparer précisément son expérience avec le référentiel ;
  3. vérifier si le parcours passe par France VAE ou directement par le certificateur ;
  4. étudier les financements avant de signer un accompagnement ;
  5. conserver les preuves de son expérience : fiches de poste, attestations, évaluations, réalisations, comptes rendus ou justificatifs de mandat ;
  6. demander conseil à un conseiller en évolution professionnelle, à un Point Relais Conseil VAE ou aux représentants CFE-CGC.
À retenir :
  • aucune durée minimale générale d’expérience n’est exigée ;
  • l’expérience doit correspondre directement à la certification recherchée ;
  • l’accompagnement est facultatif ;
  • le congé VAE peut atteindre 48 heures par session d’évaluation ;
  • la demande d’absence doit être adressée 30 jours avant ;
  • l’employeur répond dans les 15 jours et ne peut reporter l’absence que d’un mois ;
  • la VAE n’entraîne pas automatiquement une promotion ou une augmentation.

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